Sur les traces de Banksy

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No Ball Games, Banksy (Londres) – 2009

Depuis maintenant bien longtemps, il existe des formes d’art qui ne se présentent pas sous la forme conventionnelle. Lorsque l’on parle de graffiti, c’est une forme d’art qui remonte selon certains experts à la Grèce Antique. Qu’il s’agisse d’œuvres complètes ou partielles, on retrouve des traces de ce mode de peinture. De nos jours, les graffitis se font à l’aide de peinture en spray et de marqueurs le plus souvent. Le graffiti dans les sociétés modernes a toujours posé une question de légalité : dans de nombreux pays, il est considéré comme un acte de vandalisme alors que le but de l’artiste est de passer un message surtout politique. Le graffiti se voit reconnu comme un véritable art dans les années 60 ; notamment par l’implication de Picasso. En France, le graffiti émerge avec mai 68. C’est une forme d’art qui évolue constamment, et rapidement. On retrouve différentes approches comme le pochoir, ou même pour certains la sérigraphie.

L ‘art dans le temps évolue au-delà de la technique. A la préhistoire, l’art sert surtout selon les historiens à bâtir le monde qui entoure l’homme. Ils représentaient leur vie, racontaient leurs histoires quotidiennes. De nos jours, l’art n’a plus seulement fonction décorative. Bien sûr, certains artistes continuent de produire des œuvres simplement jolies, mais l’art a une valeur dénonciatrice. Les artistes passent par le canal artistique pour prendre position par rapport aux sociétés dans lesquelles ils évoluent. Lorsque l’on étudie l’histoire de l’art, on peut se rendre compte que – peu importe la période dont on parle – l’art et les images accompagnent l’histoire. Les arts se présentent comme traduction du monde. Il faut nécessairement prendre en compte la dimension esthétique de l’œuvre. C’est-à-dire que l’on voit les différences entre les techniques, formes, le support et la matière. De ce fait, il faut comprendre que tout est à prendre en compte.

Une des figures de proue du mouvement de l’art urbain reste le britannique Banksy, artiste engagé et anticonformiste. Son identité est un des secrets les mieux gardés du millénaire ; jusqu’aujourd’hui, on ne la connait pas. L’artiste est connu pour le message à caractère politique que la majorité de ses œuvres porte. Dans son travail artistique, on retrouve une grande influence d’Andy Warhol. Ici, il s’agit de l’œuvre « No Ball Games » qui date de 2009.

Graffiti : art ou vandalisme ? 

Lorsque l’on évoque le mot « graffiti », il est souvent associé aux cités et aux cultures urbaines. En effet, cette pratique est apparue dans un premier temps en Pennsylvanie à la fin des années 60. A Philadelphie, les premiers writers écrivent leurs noms dans plusieurs endroits de la ville. La signature de l’artiste devient alors un graffiti à part entière et lui permet d’avoir une visibilité, une reconnaissance, c’est une façon pour lui de laisser son empreinte.

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Cornbread, artiste pionnier dans le domaine du Graffiti à Philadelphie.

A partir des années 70, il apparaît dans les milieux défavorisés, dans les ghettos notamment ceux de New York. Le graffiti est dans un premier temps utilisé pour marquer son territoire. Les gangs règnent alors dans les quartiers pauvres. Ces graffitis revendiquent alors le nom d’un groupe. Il va ensuite permettre une libre expression ainsi qu’une échappatoire aux conditions de vie dans la cité. La culture Hip Hop est indissociable du graffiti, culture revendiquée par les afro-américains avant de traverser le continent européen dès les années 80. C’est l’avènement d’une nouvelle culture populaire qui prendra forme dans les trains puis sur les murs. Cela permet à des minorités invisibles de faire entendre leurs voix. De nos jours, même les endroits les plus prestigieux réservés à une élite exposent cette forme d’art tant controversée qui a ainsi su se faire sa place dans l’art moderne.

Les nouvelles formes d’expression par le graffiti

On parle de « nouvelle génération » d’artistes dès le début des années 2000. On voit une évolution dans la manière même d’écrire les lettres, ainsi que dans le matériel. Les artistes essaient de s’affirmer en faisait disparaître de l’activité des générations précédentes. Il existe plusieurs formes d’art de rue : par exemple le « tape art » qui consiste à tout réaliser avec l’aide de ruban adhésif. C’est un art relativement éphémère puisque la conservation n’est pas optimale.

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Projection bombing. Artiste inconnu

De même, on retrouve le tricot-graffiti. Mais celui le plus marquant reste le projection bombing. Avec les avancées technologiques, les artistes se servent de projecteurs pour faire apparaître leurs œuvres sur des monuments, des murs de ville…    C’est une approche moins agressive pour l’environnement, et n’est pas illégale dans le sens qu’une fois éteint, il ne reste aucune trace de la projection.

Les précédentes formes d’art de rue pouvaient paraître agressives et perçues comme une dégradation pure et simple du mobilier urbain. Une nouvelle forme apparaît : le street art à base de mousse végétale. Il pousse sur les murs grâce à une mixture 100% naturelle. Le but étant de faire prendre conscience aux passants que dans nos sociétés occidentales tout est bétonné, cette réappropriation écologique du street art tente de faire éveiller les consciences.

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Graffiti en mousse végétale

Une autre technique a su séduire de grands groupes internationaux : le reverse graffiti. La marque Starbucks l’a adopté dans sa stratégie marketing. Ce graffiti propre est créé en ôtant les couches sales des murs.

 

Rapport matériel entre l’image et son support

Les origines : les grottes de Lascaux ?

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Le troisième cheval chinois, Grottes de Lascaux, Montignac

 

 

Les grottes de Lascaux datent du Paléolithique et sont toujours reconnues comme porteuses de premières formes d’art. Effectivement, on retrouve des fresques sur les murs que l’on peut toujours admirer des millions d’années plus tard. On reconnait l’influence de ces grottes sur l’art par des surnoms du type de « Chapelle Sixtine de l’art pariétal ». A l’intérieur de la grotte, on observe des peintures que l’on rapproche des graffitis, mais également des gravures non datées.

Les peintures de l’époque remettaient en scène la vie quotidienne des hommes préhistoriques. Se servant de silex comme outils, les hommes préhistoriques se rendant dans la grotte dans le but de représenter notamment la faune de l’époque.

Lorsque l’on regarde une image, il est nécessaire de penser que l’image se présente comme un métalangage. C’est-à-dire que c’est un langage qui décrit, et propose un commentaire sur ce qui est représenté. On regarde l’image, et on peut reconnaître des figures ou des motifs. La peinture est un espace vide qu’on va finalement remplir, le peintre fabrique quelque chose à partir de rien.

A cette époque-là, il est question de récits de vie. De nos jours, l’impact de « l’art de rue » est un peu différent. Il perdure mais ne raconte plus les mêmes choses, mais représente souvent les contestations quant à la vie quotidienne.

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Fresques sur une maison à Pompéi

A l’époque de Pompéi, de nombreuses illustrations ont été retrouvées de cet art pourtant qualifié « d’éphémère ». Souvent, ce sont les maisons qui étaient les récipients de cet art : de même que les graffitis que l’on peut voir de nos jours sur les murs, les graffitis à Pompéi sont de nature différente. De notre point de vue, elles nous permettent de nous imaginer de quoi traitait la vie sociale des habitants de la ville. Les fresques représentant les électeurs de la ville peuvent être considérées comme avant-gardistes : elles pouvaient avoir fonction de registre. Au-delà de récits, les fresques servaient à la communication des instances.

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Kylix rouge – Grèce Antique

 

 

Mais l’art ancien est aussi une importante partie de
la culture grecque. Les historiens divisent l’art
ancien grec en trois parties qui correspondent à
différents styles artistiques : période archaïque,
période classique et période helléniste. Au fur et à
mesure des siècles, on se rend compte que les grecs
– à travers leur art – tentent de rester fidèle à
l’objet réel. L’art grec, avec son évolution, permet
la création du canon artistique qui restera une
notion importante ; y compris de nos jours. La production artistique est supposée dépassée le réel pour eux, et donner une image comme parfaite. Comme l’art de Pompéi, on retrouve des supports de la vie de tous les jours, ainsi que de nombreuses fresques.

 

Quand l’image outrepasse l’interdit

L’œuvre de Banksy met en scène deux enfants jouant avec le signe « No Ball Games ». Les enfants jouent, probablement dans un endroit règlementé par le gouvernement anglais. L’endroit est sûrement pensé pour leur sécurité, et l’interdit des jeux de balle n’est pas seulement voulu pour les empêcher de s’amuser, mais pour leur bien. Mais ceci ne leur suffit pas, et sans aucun intérêt pour la balle, c’est avec le panneau d’interdiction même qu’ils jouent.

Dans cette veine, on peut s’intéresser à l’art transgressif. C’est un mouvement qui tire à indigner, choquer les récepteurs des œuvres. On parle de transgression dans le sens que les œuvres sont souvent pensées pour être offensantes, et heurter la sensibilité. Généralement, ce sont des œuvres qui traitent de sujet tabou dans la société : les maladies mentales, la sexualité. Cela ne concerne pas seulement les images ou les peintures, mais également la littérature (par exemple l’Etranger d’Albert Camus ou L’Attrape-cœur de J.D Salinger) ou la musique. En se concentrant sur l’image, on retrouve différents exemples qui illustrent ce mouvement transgressif.

Exemple 1 : Immersion (Piss Christ) par Andres Serrano

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Piss Christ. Andres Serrano

C’est une photo qui représente un crucifix, submergé dans l’urine de l’artiste. Œuvre transgressive dans le sens qu’il s’attaque à un signe religieux très important dans les cultures judéo-chrétiennes. L’artiste a reçu de nombreuses menaces de mort, et beaucoup de critiques négatives. L’œuvre est considérée comme blasphématoire et a été vandalisée par des croyants lors d’une exposition.

 

 

 

 

Exemple 2: L.H.O.O.Q de Marcel Duchamp

Cette œuvre s’inscrit dans la continuité des ready-mades de l’époque, et tend à questionner l’art établi.

L’image est reçue comme choquante à plusieurs niveaux de lecture :

Tout d’abord, c’est une reproduction de La Joconde de Leonard de Vinci à laquelle Duchamp à ajouter une moustache
- les lettres « L.H.O.O.Q » (dit à l’oral, ces lettres jouent sur jeu de mots « elle a chaud au cul »).

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L.H.O.O.Q, Duchamp

Historiquement, on rapproche cela des rumeurs selon lesquelles le modèle de La Joconde aurait été un homme, et une façon pour l’artiste de cacher son homosexualité. L.H.O.O.Q sonne comme une provocation à la société conservatrice de l’époque.

 

 

 

 

 

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Caricature. Babouse

Au-delà de ces œuvres choisies pour illustrer l’art transgressif, on retrouve notamment des représentations du prophète musulman alors que ces représentations iconographiques sont interdites par la religion.

 

 

 

 

 

 

Les artistes entrent souvent dans une confrontation avec les sociétés, et jouent sur les représentations et la provocation pour faire parler de leurs œuvres

 

 

 

 

 

 

 

Cynthia H, Donizard B.S, Marion D.

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