Le rayon dénommé X

 

radiographie

Second cliché radiographique, réalisé par Wilhelm Röntgen le 23 décembre 1896. Représentation de la main de l’anatomiste Albert Von Kölliker, publié le 26 Janvier 1896 dans la revue « Nature ».

En 1895, le professeur de physique Wilhem Röntgen travaille sur ces rayonnements dans son laboratoire à Würzburg en Allemagne.

En interposant des objets métalliques entre la source de rayonnement et une plaque photographique, il obtient l’image de l’ombre des objets sur la photographie. Il fait une seconde expérience avec la main de son épouse placée sur le parcours des rayons et s’aperçoit que l’image obtenue est l’ombre des os de la main ainsi que son alliance. Les os sont entourés d’une pénombre qui représente la chair de la main, la chair est donc plus perméable aux rayons. Ne trouvant pas de dénomination adéquate, il les nomma « rayons X » en raison de leur nature inconnue.Pour sa découverte, il reçoit le premier prix Nobel de physique en 1901.

Les rayons X : entre fantasme et irréalité 

La découverte des rayons X a amené toutes sortent de mythe et désirs.

Les super-héros ont été un vecteur important quant à la démocratisation du rayon X. Le fantasme qu’ils représentent est celui de voir à travers toute chose, voir l’invisible. Une capacité surnaturelle que l’on souhaite avoir dès tout petit.

Superman voit dans l’obscurité ou à travers les murs. Les héros X-Men, sont des personnes possédant le gène X inconnu qui leur offre des capacités de télépathie, de grand guérisseur, de force supérieures, de créer et maîtriser la glace, de maîtriser les éléments ou encore la téléportation.

Le phénomène de la lunette à rayon X qui permettrait de voir à travers les vêtements et les murs a été l’objet de nombreux fantasmes et imaginations. La marque de déodorant Axe imaginait pour une de ces publicités, des lunettes permettant de voir à travers les murs d’une maison et ainsi d’entrer dans l’intimité de plusieurs couples.

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Publicité Axe: LYNX Anarchy Deodorant : The World’s first Invisible Ad.

L’environnement cinématographique a repris le sujet du corps humain dans de nombreux films.

Vice Versa, dessin animé qui se déroule dans le cerveau d’une jeune fille, où chaque personnage incarne une émotion : la peur, la joie, la colère, le dégout et la tristesse.

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Personnages du dessin animé Vice Versa.

Ce dessin animé montre une fois de plus que nous essayons de voir au travers de l’enveloppe physique. Depuis les rayons X et l
es avancés médicales, nous essayons de comprendre ce qui se passe dans le corps humain et dans l’esprit de chacun. Nous sommes constamment curieux de comprendre nos émotions,
pourquoi elles apparaissent, à quel moment et cherchons une représentation du psychisme humain.

 

Il était une fois... la vie

Psi et Pierrot, en voyage dans le corps humain, à la rencontre des globules rouges.

Il était une fois… la vie est une série destinée aux enfants et aux adultes. Elle raconte, au travers de 26 épisodes de 25 minutes, le fonctionnement du corps humain de façon ludique (les cellules, composants microscopiques, tissus biologiques …) . Ces épisodes s’intègrent dans des scénarios pédagogiques traitant du développement du corps humain, de ses fonctions physiologiques principales, du cycle de la vie et de l’éducation à la santé.

Ce dessin animé très connu des enfants de la génération 90 est une preuve qu’une fois de plus la complexité du corps humain intéresse à tout âge.

Enfin, dans un tout autre domaine, certaines personnes se disent clairvoyantes, c’est-à-dire proches du monde spirituel et capable de voir des images d’esprits, objets scènes grâce à leur troisième œil et d’intercepter des ondes proches du rayon X. Ces personnes pensent que le monde du survivant possède des propriétés atomiques comme le photon. Ils souhaiteraient que les scientifiques développent un équipement capable de filmer les mondes éthériques et émotionnel, pour prouver à tous l’existence de la vie après la morte ou encore d’un monde non-physique.

Les Clairvoyants rapprochent la vision éthérique de celle des rayons X, car pour eux elle permet de voir à travers les objets solides.

Cela a amené la photographie spirite, très à la mode à partir des années 1890. . Il faut dire qu’à l’époque, l’existence des  » esprits  » ne paraît pas plus fantastique aux yeux de grand public que les nombreuses découvertes contemporaines. Celle du téléphone, celle des ondes électromagnétiques, des rayons X ou encore de la radio conductivité (liaison télégraphique sans fil), alimentent toutes à leur façon un imaginaire lié à l’invisible.

La photographie spirite vise à faire apparaître ce que l’œil humain ne peut pas voir. (Apparitions, de prétendues radiations qui émanent du corps du sujet, ou des fantômes). C’est le croisement de la science et de l’art ainsi que le fruit d’expérimentations physico-chimiques et de progrès techniques, la réunion de l’imaginaire, le rationnel et le surnaturel.

Il s’agit d’une continuité de l’idée du 3ème œil et des croyances médiumniques. 

Cela a donné naissance à la photographie des fluides.  C’est-à-dire, photographier l’âme, les pensées, les émotions, ou même les rêves, à tout cela avec l’aide de la radioactivité et des rayons X.

Très critiqué par de multiples experts qui démontrent que les traces obtenues sur les photographies ne sont que des artefacts photographiques dus aux conditions de l’expérience.

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Mary Todd Lincoln, veuve du président Abraham Lincoln, photographiée par W.H Mumler

C’est en 1861 que le photographe William H. Mumler, ayant pris une photo
de lui même,  » découvrit  » qu’un fantôme l’accompagnait sur la photographie. Il commença alors à organiser des séances de photographie dans lesquelles le client pouvait se faire phtographier en compagnie de défunts. A l’époque, les poses photographique obligeaient le sujet à rester immobile et exposé durant 60 secondes. Durant ce temps, un assistant de William Mumler, revêtu d’une robe ou d’un drap, se glissait derrière le sujet et y restait 20 secondes environ avant de disparaître, laissant une apparition fantomatique apparaître. Il utilisait également le principe de double exposition et d’autres astuces pour réaliser ses trucages.

Certains cas de photographie spirite n’ont jamais été élucidés comme  la photo de Lord Combermere publiée en 1895. Prise en décembre 1891 par miss Sybell Corbett à Combermere’s Abbey dans le Cheshire en Angleterre.

La photographie ci-dessous, à été prise alors qu’il n’y avait personne dans la pièce. On peut pourtant y voir un homme assis sur le fauteuil à gauche de la photographie. Celui-ci ressemble à Lord Combermere, tué plus tôt dans un accident de la circulation à Londres, et que l’on enterrait le jour même.

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Les rayons X : Une aide précieuse pour détecter des indices

Les rayons X sont aussi à la disposition de nombreux métiers. Ils informent et permettent d’assurer la sécurité de la population.

Dix aéroports américains ont installé des scanners qui permettent de voir sous les vêtements afin de remplacer les fouilles aux corps. Ces cabines transparentes émettent des «ondes millimétriques» qui percent les tissus.

Scanner corporel présent dans les aéroports américains.

Scanner corporel présent dans les aéroports américains.

Cependant, ce dispositif est déjà critiqué car il révèle des détails hautement personnels du corps. Il représente une violation du respect de l’intimité, expose une fois de plus les voyageurs à des rayons potentiellement dangereux pour la santé. Les scanners corporels présentent aussi un risque de pédopornographie et d’exploitation des images.

Les passagers ont toujours le choix «entre l’imagerie corporelle et la fouille au corps» traditionnelle.

De nombreux métiers se servent des rayons X. Les Techniciens de la Police Scientifique (TPS) effectuent des traitements de traces et d’indices sur le terrain. Ces TPS réalisent des analyses chimiques, physiques et biologiques à l’aide de matériel scientifique dont la diffraction au Rayon X.

D’autres, appelés « techniciens en rayons X » sont présents dans des services de contrôle de la qualité d’entreprises de construction et d’ingénierie et doivent exploiter des appareils, à ultrasons, ou encore de radiographie, pour déceler des discontinuités dans des objets.

Enfin, Evena a lancé ses lunettes «Eyes-On» permettant de voir à travers la peau et ainsi de mettre en avant le système vasculaire. Composée de caméras et différentes pulsations lumineuses (infrarouges, radios), elles évitent d’exposer le patient à des rayons X et électromagnétiques et permettent un repérage plus rapide des veines, afin de limiter les erreurs et la douleur ainsi que les complications lors des injections intraveineuses.

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Lunettes Evena. Ce type d’imagerie basée sur l’infrarouge dévoile le réseau vasculaire par transparence sous la peau.

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Vision d’une personne munie des lunettes Eyes-On de chez Evena.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fouille virtuelle de l’anatomie des chefs d’œuvres

Le développement des nouvelles technologies d’analyse et d’imagerie a considérablement modifié les approches vis-à-vis des objets patrimoniaux. De plus en plus de musées se dotent de nouveaux outils capables d’ouvrir sur « l’inaccessible ».

L’imagerie numérique 3D, capables d’enregistrer des informations visuelles en trois dimensions, permet désormais de pénétrer dans une œuvre dans ses moindres détails. Il est maintenant possible de voir en transparence un objet constitué de différents matériaux à l’aide de scanners à rayons X et d’IRM et de convertir ces codes en données numériques que l’on peut exploiter sur ordinateur.

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Paquet funéraire Fardo et son image scannée Chancay. Intermédiaire récent, 1100 – 1450, Lima Pérou

Ces images offrent alors la possibilité de mener une analyse fine des matériaux pour faire apparaître ou disparaître certains éléments pour donner accès à des parties cachées, ou à les associer à des couleurs pour rendre l’image plus lisible. Cet outil permet également de pénétrer dans la matière pour faire une analyser par couches et réaliser des coupes virtuelles. Le statut même de l’objet se modifie et sa compréhension matérielle s’élargit bien au-delà de notre simple observation.

Le bouleversement le plus important vient de la possibilité de manipuler l’objet à distance, le démonter, l’examiner et l’analyser sans contact physique. L’acte de fouille devient non destructif et reproductible grâce à la manipulation virtuelle.

Enfin, les avancées de l’impression 3D bousculent notre appréhension de l’oeuvre d’art quant à son originalité.

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Personnage assis, Préclassique moyen, 800 – 300 avant J.C. Maya des Hautes Terres, Guatemala. Statuette originale, image scannée et copie impression 3D

 

 

Ecrit par Morgane M. et Solène R.

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