L’image comme savoir

encyclopedie-planche

Imprimerie, Recueil de Planches sur les Sciences, les Arts 
libéraux et les arts mécaniques avec leur explication, Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, 
des arts et des métiers de Diderot et d’Alembert, gravure, 1762-1772, France

Image et gravure

Dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, l’image prend la forme d’une gravure qui existait déjà au Moyen-Age. Elle peut s’obtenir grâce à la technique de la taille-douce. Elle consiste à déposer de l’encre dans les creux d’une plaque de métal gravée. La gravure pouvait être obtenue soit par un burin, soit par un acide qui ronge le métal. L’apparition de l’imprimerie au 15ème siècle et cette technique révolutionnaire ont permis la diffusion massive d’images. Dans l’Encyclopédie, l’image illustre les tâches effectuées par les ouvriers ou le mécanisme des machines. Cette utilisation est nouvelle car les gravures représentaient généralement des scènes religieuses, des paysages, des portraits. Ici, l’image sert à valoriser la technique et le travail manuel. Elle parle d’elle-même car aucun texte ne l’accompagne. C’est pourquoi la séparation de la planche en deux parties, inférieure et supérieure, doit apporter suffisamment d’informations aux lecteurs. La partie supérieure représente les ateliers ou la machine ou les outils. La partie inférieure détaille l’intérieur des machines. Les deux parties sont complémentaires et lisibles.

Sellier carrossier, planche n°IX se trouvant dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. Source: Photo (C) RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne) – © Daniel Arnaudet

Image dans les encyclopédies d’aujourd’hui

Depuis le 19e siècle, les formes de l’image ont évolué. L’image est aussi bien une photographie qu’une reproduction de peinture. Elle est en couleur ou en noir et blanc. Avec l’apparition d’Internet dans les années 1980, les images sont devenues numériques, c’est-à-dire acquises, traitées et sauvegardées sous une forme codée et représentée par des nombres. Elle ne sert pas uniquement à représenter la technique et le travail des artisans. Par exemple, elle montre des événements, des lieux, des monuments, des personnalités politiques ou scientifiques.  Par ailleurs, la source des images a varié. Dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, les auteurs avaient utilisé des illustrations venant soit de l’Encyclopédie de Chambers, soit des volumes de l’Histoire et mémoires de l’Académie des Sciences. En revanche, de nos jours, les encyclopédies ont recours à des illustrations provenant de bases de données iconographiques ou d’agences d’illustration ou encore de collections de reproduction d’œuvres d’art.

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Capture d’écran représentants l’histoire des deux états Allemands et une carte du tracé du mur (ligne jaune). Source : Photo (C) Wikipédia – NASA

L’encyclopédie dans tous ses états

L’œuvre de Diderot et d’Alembert a permis la création de nouvelles encyclopédies. Et ces dernières ont dû s’adapter à l’arrivée d’Internet. Wikipédia, par exemple, n’est qu’une prolongation de l’Encyclopédie. En effet, toutes les deux sont dites participatives, c’est-à-dire que chacun peut contribuer à la rédaction d’articles. Elles sont aussi collectives car plusieurs personnes y contribuent. Elles sont organisées de manière logique, l’une avec des chapitres, l’autre avec des liens hypertextes. La lecture est dynamique. Toutefois, Wikipédia est accessible par tous contrairement à l’Encyclopédie qui, à l’époque, n’était lue que par une minorité, la noblesse et la bourgeoisie. Wikipédia peut être consulté dans le monde entier, tandis que l’ouvrage de Diderot et d’Alembert n’était consultable qu’en France et dans quelques autres pays étrangers. Avec l’apparition d’Internet, certaines encyclopédies ont décidé de renoncer au format papier. L’ Encyclopædia Universalis en est le meilleur exemple, car aujourd’hui elle n’existe qu’en format numérique.L’encyclopédie n’a pas fini d’évoluer.

Ecrit par Estelle M, avec Zoe B et Marina F
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