Carte en TO, Barthélemy l’Anglais

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Les parties de la Terre, traduction du Livre des Propriétés des Choses de 
Barthélemy l’Anglais (v. 1200), manuscrit avec enluminure sur parchemin, 1480, France

Le Livre des propriétés des choses, très connu à l’époque médiévale, donna lieu à plusieurs exemplaires somptueusement enluminés. Il est composé de multiples représentations de la Terre comme la Carte en T ci dessous.

Les images médiévales de la Terre : La carte en T (ou en TO)

Les artistes et les cartographes ont longtemps été obsédé par la création de représentations visuelles des terres que nul homme vivant n’avait jamais visités. Cette très belle carte est forte en symboles. En effet, elle est inspirée par la représentation chrétienne du monde de l’époque médiévale, avec Jérusalem figurant au centre du monde connu et entre ciel et Terre, la demeure dorée du paradis se dressant au sommet, d’où coulent les quatre fleuves évoqués par la Bible. La carte TO, pourtant si caricaturale, fut le schéma immuable du monde habité qu’avaient adopté les théologiens du moyen-âge. Plus qu’une représentation utilitaire, elle était une expression de la foi chrétienne. Sur cette carte, le nord (Septentrion) était à gauche, l’est (Orient) en haut (d’où l’expression « orienter » une carte), le sud (Méridien) à droite et l’ouest (Occident) en bas. On y distinguait les trois continents (Europe, Asie et Afrique) séparés par des mers formant un T (à droite se trouvait la mer Rouge et à gauche la mer de Marmra et le Pont-Euxin) inscrit dans le O du grand cercle océanique fatalement infranchissable.

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Première représentation de la carte en T, selon Isidore de Séville (VIIe siècle)

En définitive, ce type de carte ne servait pas à se repérer mais demeurait un support à la réflexion religieuse. Cette image est donc la représentation de la suprématie chrétienne, et de la manière dont elle intervenait dans divers aspects de la société. Il faut attendre la fin du XIIIe siècle pour que se développent des cartes fondées sur un relevé précis des côtes : les « cartes-portulans ». Ce sont des cartes de navigation utilisées dans le but de repérer les ports et connaître les dangers qui peuvent les entourer. Elles sont grossièrement dessinés et les détails ne s’attachent qu’à ce qui a de l’importance pour la navigation.

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Carte Portulans-  Maggiolo – Portolankarte – 1541 (wikipedia)

De leur côté, les Arabes optent plus tôt pour le système de projection « scientifique » de Ptolémée, dont la Géographie ne sera redécouverte en Occident qu’à partir du XVe siècle. Néanmoins, les musulmans ne renoncent pas à la centralité de l’Islam, et préconisent surtout la description des pays musulmans.

La Géographie de Ptolémée
Mathématicien, astronome et géographe, Claude Ptolémée (90-168) vivait à Alexandrie au IIe siècle après J.-C. Il couronne la science de l’Antiquité en rassemblant sept siècles de savoir antique dans trois ouvrages principaux : l’Almageste pour l’astronomie, la Tétrabible pour l’astrologie, et la Géographie, un ensemble de huit volumes comprenant une carte générale et vingt-six cartes particulières. Ces livres témoignent de l’unité du monde et de l’interdépendance des savoirs. Ptolémée établit une liste de coordonnées en « longueur » (longitude) et en « largeur » (latitude), pour de nombreuses localités de l’œcumène* dont il liste plusieurs milliers de toponymes. Le monde de Ptolémée est divisé en « sept climats », c’est-à-dire en sept zones thermiques (ou « climatiques ») parallèles. En astronomie, le fameux « système de Ptolémée » décrit le mouvement du Soleil, de la Lune et des planètes. Celles-ci tournent autour de la Terre qui, immobile, est placée au centre de l’univers. Également astrologue, Ptolémée pense que les astres, en particulier les planètes, déversent sur la Terre des « influences » qui touchent directement les hommes, individuellement ou collectivement. Malgré ses défauts et ses erreurs, son œuvre forme un savoir de référence qui fera autorité jusqu’au XVIe siècle. *L’œcumène  : notion géographique pour désigner l’ensemble des terres anthropisées (habitées ou exploitées par l’Homme).

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La carte de l’Œcumène de Claude Ptolémée, Géographe. Livres I-VIII, avec carte générale et 27 cartes particulières. Manuscrits sur parchemin. Constantinople, début du XVIe siècle. BNF, Manuscrits (Grec 1401 f° 50v°-51)

La Géolocalisation

La géolocalisation est un procédé permettant de positionner un objet (une personne, etc) sur un plan ou une carte à l’aide de ses coordonnées géographiques. Elle ne cesse de progresser. Cette opération est réalisée à l’aide d’un terminal capable d’être localisé grâce à un système de positionnement par satellites et de publier ses coordonnées géographiques (latitude/longitude).
Les images de la terre sont de plus en plus précises et de plus en plus détaillées. Grâce à cette évolution, se situer dans le monde est beaucoup plus accessible. Prenons comme exemple le logiciel Google Earth, il permet une visualisation de la Terre avec un assemblage de photographies aériennes ou satellitaires. ce logiciel permet à tout utilisateur de survoler la Terre et de zoomer sur un lieu de son choix. Ainsi un habitant d’une métropole peut localiser son restaurant préféré, obtenir une vue en 3D des immeubles de la métropole. Malgré le fait que la résolution des photos d’une bonne partie de la Terre reste assez faible, la couverture, d’après Google, devrait s’améliorer rapidement.

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De plus en plus prisés des entreprises, les systèmes de géolocalisation permettent de gérer au mieux les aspects logistiques de leur activité. Bien exploités, ils permettent de réaliser des économies substantielles sur le carburant, mais aussi d’améliorer la gestion des ressources humaines et la qualité de services rendus.
Malgré ces avantages incontestables, la géolocalisation peut être mal acceptée par les salariés, qui y voient une source de dérapages possibles liés à une surveillance permanente de leur activité. Ces craintes justifient un encadrement strict par les autorités, celui de la Cnil en premier lieu. Ambulanciers, chauffeurs routiers, convoyeurs de fonds, aides à domicile, réparateurs en électroménager : cette liste non exhaustive peut être complétée de n’importe quel type d’activité nécessitant d’emprunter la route quotidiennement. Vous obtiendrez alors un panel d’entreprises susceptibles de répondre à l’appel de la géolocalisation, laquelle connaît un succès croissant.

Rédigé par Patricia Kabeya, avec Nadia Ghoualem, Ashley Francillette et Wassila Ramdane.

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