L’anatomie humaine : un objet artistique

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Léonard de Vinci (1452-1519). Les muscles et veines du bras et du torse, 1510. Dessin au crayon et encre à l’eau, recouvert de craie noire (28.9X19.9cm). Collection royale du Château de Windsor

 


Une vision plus éclairée sur le corps humain


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Léonard de Vinci (1452-1519). Etude anatomique du fœtus dans l’utérus, 1510-1513, dessin au crayon et sanguine, Bibliothèque de Windsor, Angleterre

L’avancée des idéologies et de la science permettent aux humanistes d’élaborer de nombreuses théories de l’anatomie et de son fonctionnement.   Vinci en parallèle de ses recherches pour comprendre le mécanisme du corps humain, esquisse les premières théories sur la naissance tentant de mieux comprendre le système de procréation.

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André Vésale (1514-1654). « De l’humanis corporis fabrica », Bâle

En Europe, la médecine prend de plus en plus de place dans la société. André Vésale (1514-1654) est un anatomiste belge et auteur du premier livre fondateur de l’anatomie moderne “De l’humanis corporis fabrica”.

Les artistes observent cet objet d’art qu’est le corps humain pour ensuite fonder des connaissances sur celui-ci. L’image va démocratiser le corps humain. On va enfin mettre des images, sur ce qui était inconnu et interdit par la religion.

 


La science porteuse de l’art


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Jean Van Valcar, illustration gravée sur bois 35X2 cm, Bâle

Au delà, des progrès scientifiques, nous assistons à l’époque Humaniste, à une interprétation artistique de la science.

 Jan Van Calcar (1499-1545) avec sa troisième planche anatomique des muscles, dans le recueil « De l’humanis corporis fabrica” ; nous offre une dimension à la fois scientifique et esthétique. La représe »ntation du corps humain est totale et il y a une mise en valeur des muscles et des articulations. Le protagoniste est mis en scène dans un paysage, il a une posture et une expression digne d’un être humain. 

Le corps est sujet à questionnement et à découverte, le but est de comprendre le fonctionnement intérieur de l’homme, tout en conservant sa beauté extérieure. Finalement la science est à cette époque, une pratique artistique.


L’esthétisme spectaculaire


Au XXI, la beauté du corps humain se veut être représentée de façon spectaculaire. On ne cherche plus à comprendre son fonctionnement car les réponses ont été trouvées. Mais on fait de l’être humain et de son corps un objet à sensation, voir un objet de voyeurisme.

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Body worlds, homme plastiné jouant du saxophone, Japon

Le phénomène de plastination mit au point par l’anatomiste allemand Günther von Hagens va mettre des corps à disposition des yeux du public, qui ne seront plus réservés qu’aux scientifiques. En 1995, il créer pour le public la première exposition « Body Worlds » au Japon. Cette exposition va soulever les tabous sur la mort, les corps sans vie.

 

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Ours body, visage d’un homme plastiné, Paris

Par la suite, de nombreuses expositions vont voir le jour et vont même être sujettes à controverses. Comme c’est le cas pour “Our Body, A corps ouvert, l’exposition anatomique” par Pascal Bernardin (producteur de spectacle). Il expose de vrais corps humain mais leurs provenances restent douteuses. A qui appartenaient ces corps? Étaient-ils consentant à l’idée d’être exposé post-mortem? Sans avoir de réponses à ces questions, l’exposition ferma dès le lendemain. Cela soulève, les questions suivantes, qu’est-ce qui est interdit de représenter, quand il s’agit de la mort et du corps humain ; et quelle est la limite de la représentation du corps humain en tant qu’objet de spectacle.

On peut alors se demander si la société contemporaine, ne traite pas désormais le corps humain comme un objet de spectacle et par extension l’être humain lui-même.

Cécile L

(Lucile P, Floriane C, Marie C)

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