Identité

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Fiche anthropométrique d’une jeune fille de 16 ans dressée selon un système de Bertillonnage, le 27 mars 1914 à Paris.

Du Bertillonage au nazisme

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Fiche anthropométrique d’Alphonse Bertillon, 1912

Au début du XIXe Alphonse Bertillon (1853-1914) est employé de la préfecture de police de Paris, chargé de rédiger le signalement des inculpés il va s’attacher à déterminer un système d’identification dans le but de retranscrire l’identité de manière scientifique. Pour cela il va s’appuyer sur l’anthropométrie, une discipline anthropologique qui étudie la mesure des proportions morphologiques des individus. De l’élaboration de ce système va naitre l’anthropométrie judiciaire, autrement appelée le Bertillonnage (1879). Cette méthode basée sur l’analyse des données biométriques (taille, mesures du front, du nez et des oreilles, l’observation de la couleur de l’iris et de la couleur de cheveux) et la prise de photographies (de face et de profil) va rapidement s’installer comme une technique d’identification de référence dans la criminologie en France. En parallèle au Bertillonnage, un autre scientifique va s’intéresser à l’identification anthropométrique et le crime : Cesare Lombroso présente en 1885 sa théorie du criminel né. Héritée et inspirée de la phrénologie de Franz Joseph Gall (1757-1828)  qui affirmait que les bosses et les creux présents sur les crânes des individus pouvaient permettre d’identifier leurs personnalités (comprenant des bosses correspondant au meurtre), la théorie du criminel né de Lombroso, soutenait que certains individus seraient prédisposés au crime, et que les individus atteints de cette pathologie pouvaient être reconnaissable par des stigmates morphologiques (anomalie dans la forme du crâne, mâchoire proéminente, arcade sourcilière surdéveloppée, front fuyant, pilosité précoce etc.) ou des signes sociaux (corps tatoués et utilisation de l’argot). Selon lui la criminalité était non seulement innée mais également héréditaire, et était le résultat d’une sorte de régression évolutive. Des théories comme celles de Lombroso, qui émettent l’idée d’un caractère génétique dans le crime ne sont finalement pas si éloignée que l’on pourrait le penser. Sous le régime nazi, elles ont pris par exemple, la forme de l’eugénisme positif, de l’eugénisme négatif, de la sélection génétique et d’autres dérives racistes.

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Planche montrant les types de criminels meurtriers selon Cesare Lombroso dans son ouvrage L’homme Criminel (2e édition,1895)

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Système phrénologique selon Franz Joseph Gal, XIX siècle

Données et identité

Notre identité se compose de plusieurs données sur nous-même comme : l’âge, le sexe, la date de naissance, notre nom, etc. Mais il existe aussi des données dites « biométriques » liées au corps humain et à sa mesure : empreinte digitale et photographie.

Pourquoi nous demande-t-on une empreinte digitale lors d’une demande de carte d’identité ? A quels usages sont destinées ces données et sont-elles protégées ?

Il faut savoir que l’empreinte digitale n’a le droit d’être utilisée qu’à des fins d’authentification ou d’identification de personnes. Prélevée lors d’une demande de carte d’identité, elle n’est pas répertoriée ni utilisée par l’Etat , elle sert juste à prouver une identité. Selon la CNIL, Commission nationale de l’informatique et des libertés, « les données biométriques sont des données d’identité ». Et dans cette mesure, la collecte des données d’identité doit être réglementée, surtout lorsque les empreintes digitales font l’objet de classement dans des bases de données.

La police scientifique n’est pas la seule à avoir une base de données composée d’empreintes d’individus. La CNIL reçoit également des demandes d’entreprises pour d’autres usages comme le contrôle d’accès à des lieux de travail spécifiques. Elle juge ensuite la base de donnée comme étant sécurisée ou dangereuse pour les données relatifs aux individus concernés.

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Le lecteur d’empreinte digitale sur iPhone Source : CNETFrance

Il existe même un lecteur d’empreinte digitale sur les nouveaux Smartphone tel que l’iPhone. Ainsi, pour déverrouiller un téléphone, il faudra que celui-ci reconnaisse votre identité à travers votre empreinte. Si l’appareil est capable de reconnaître des données biométriques comme l’empreinte digitale, seront-elles stockées et collectées par des firmes comme Apple ?

Laisser sa trace… 

L’homme cherche à laisser une trace de son passage sur Terre depuis des dizaines de milliers d’années.

Déjà au paléolithique dans la grotte de Lascaux, les hommes dessinaient, peignaient, gravaient sur les parois de cette grotte, aujourd’hui fermée au public pour des raisons de conservation.

Les peintures rupestres de ces hommes du paléolithique retracent ce qu’ils vivaient, ce qu’ils voyaient, le monde qui les entourait. Ainsi on reconnait des représentations d’animaux qui existent toujours aujourd’hui, mais aussi d’Aurochs — une sorte de bovin préhistorique — ou encore de Licornes, ce qui pourrait attester de leur existence passée…

Ces vestiges sont autant de traces du passage de l’homme qui nous servent aujourd’hui à étudier et à mieux comprendre ceux qui nous ont précédé.

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Licorne, Grotte de Lascaux. Source

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Bovins, Grotte de Lascaux. Source

Mais la volonté de l’homme de laisser sa trace ne s’arrête pas à la surface de la Terre. Ainsi lors de la conquête spatiale et notamment lors de la première exploration de la Lune par l’homme en 1969, Neil Armstrong et Buzz Aldrin, les deux astronautes de la mission Apollo 11 à avoir marché sur la Lune, ont planté le drapeau des États-Unis à sa surface. Si ce drapeau aurait été délogé par le souffle des réacteurs, lors du décollage de la fusée, cinq autres plantés à l’occasion de missions suivantes laissent une trace du passage de l’homme dans l’espace.

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L’astronaute Buzz Aldrin devant le drapeau américain planté sur la lune lors de la mission Apollo 11 en 1969. / Crédits : AFP/NASA   Source

A. Thoret, A. Hadnane et L. Pochinot

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