L’art visuel et la danse

LouisXIV

L’art, un instrument politique

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Portrait de Louis XIV en costume de sacre, Hyacinthe Rigaud 1701

Louis XIV exerce son pouvoir personnel en 1661, à l’âge de 16 ans. Il décide de gouverner seul, sans tenir compte des ministres et des différents conseil : c’est la monarchie absolue. C’est Louis XIV qui a tous les pouvoirs et prend seul toutes les décisions.

Dès son accession au trône en 1661, Louis XIV fait construire le château de Versailles. Sous Louis XIV, Versailles deviendra le siège du gouvernement, le symbole de sa puissance et un véritable instrument politique. C’est pour la première fois dans l’histoire de la France que le roi, le gouvernement et les grands seigneurs sont réunis en un même lieu. Le château de Versailles constitue l’une des plus belles réalisations de l’art français au XVIIe siècle.

En 1701, Louis XIV installe sa chambre au centre du château. Par ce geste symbolique il confirme qu’il est au cœur du royaume.

Un an après son règne personnel, Louis XIV réalise la première grande fête: Le Grand Carrousel de 1662. Il veut montrer aux yeux du plus grand nombre sa puissance à travers un spectacle grandiose. Il organise un carrousel dans la cour des Tuileries afin de célébrer le début de son règne et de proclamer la gloire du souverain. La mise en scène du carrousel est d’une ampleur inédite. Louis XIV veut « tenir l’esprit et le cœur » du peuple en leur offrant du plaisir à travers des spectacles.

Depuis son jeune âge, Louis XIV a un gout prononcé pour les arts. Il s’intéresse à la peinture, à l’architecture, à la musique et surtout à la danse. Il apparaît dès douze ans dans des ballets de Cour, interprétant jusqu’à six rôles dans un même spectacle. La fondation en 1661 de l’Académie royale de danse à l’initiative de Louis XIV est un acte majeur de l’histoire de l’art chorégraphique occidental.

A l’âge de 15 ans, Louis XIV apparaît en costume d’Apollon dans le Ballet de la nuit en 1653, où il incarne le Soleil levant, source d’inspiration du film Gérard Corbiau, Le roi danse, film qui retrace la rencontre entre Louis XIV, Lully (1632-1682) compositeur et violoniste de la période baroque et Molière (1622-1673).

Depuis le Ballet de la nuit, Louis XIV se voit décerner le titre de Roi-Soleil. Il choisit pour emblème le Soleil car c’est l’astre qui donne vie à toute chose, mais c’est aussi Apollon, le Dieu de la Paix et des Arts.

C’est grâce à l’Art, à la musique, aux ballets et aux différents spectacles que Louis XIV renforcera son image et imposera à tous ses sujets, l’absolutisme. Louis XIV fait progressivement de la danse un outil de propagande politique en mettant en évidence la puissance de la France et de lui-même.

Représentation du mouvement dansé 

La danse a généré de nouvelles formes picturales, plastiques, photographiques… Fixer sur pellicule le mouvement dansé dans une image est un pari que tentent de relever plusieurs photographes. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, Edward Muybridge (1830-1904) obtient des séries d’instantanées photos graphiques décomposant les mouvements d’une danseuse au voile grâce à un dispositif de plusieurs appareils. Au cours du festival Newport Beach, l’agence RPA rend hommage à la créativité de l’oeuvre du grand photographe Eadweard Muybridge: voir la vidéo

Eadweard J. Muybridge, Jeune femme dansant, 1884

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Entre 1871 et 1874, La classe de danse, Degas Edgar

Edgar Degas (1834-1917) s’inspire des travaux de Muybridge et s’en sert pour la réalisation de ses tableaux. Il renouvelle la thématique de la peinture et fonde une vision moderne de la réalité. Le monde du théâtre, les chanteurs, les musiciens et les ballerines constituent des thèmes récurrents de sa peinture. Degas s’intéresse à reproduire le mouvement, les danseuses vont devenir les seuls personnages des tableaux de Degas. Il va peindre pendant que les danseuses s’entraînent dans la salle de répétition ou derrière les coulisses. La Classe de danse est emblématique des recherches de Degas sur le mouvement. Pendant que les danseuses répètent, Degas dessine sans relâche pour rendre au plus près l’expressivité des corps. On peut voir que Degas applique le blanc de manière floue, afin de renforcer l’impression de mouvement. Son intérêt pour le mouvement le pousse à expérimenter les possibilités de l’outil photographique, Degas reste fidèle au dessin, à la peinture et à la sculpture pour ses créations sur la danse

Aujourd’hui la photographie et la danse sont deux art qui s’associent parfaitement. Lisa Tomasetti, une passionnée de danse classique et de photographie décide d’allier ses deux passions. Elle photographie et expose à travers les grandes capitales du monde des danseuses en action à New York, Tokyo, Paris…

Danse et cinéma : deux arts du mouvement

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Affiche de spectacle, Loïe Fuller (1862-1928)

L’invention des frères Lumière a rendu possible l’enregistrement des spectacles de danse. La Danse Serpentine est une chorégraphie créée par la danseuse américaine Loïe Fuller (1862-1928). Elle a été filmée par les Frères Lumière en 1896. Le film est tourné en noir et blanc puis colorié à la main image par image. En effet le premier film en couleur apparaît en 1901.
Loïe Fuller devient la muse de l’Art nouveau, mouvement artistique de la fin du XIXème siècle qui met en valeur les lignes de courbes. C’est la première à danser librement sans corset.

Germaine Dulac (1882-1942) joue un rôle fondateur dans l’évolution de l’art cinématographique. Elle est considérée comme la réalisatrice des premiers « films de danse ». Dulac développe une grande passion pour l’art et plus particulièrement l’opéra et la danse. En 1928, Germaine Dulac tourne trois films de danse: Danses Espagnoles, Thèmes et Variations, Arabesques.

Busby Berkeley (1895-1976) est considéré comme l’inventeur de la comédie musicale américaine. Ces créations peuvent être considérées comme des films de danse à part entière. Grâce à ses nombreuses innovations techniques, il participe à l’âge d’or d’Hollywood dans les années 1930 : prises de vue sous des angles inattendus, plateaux tournants sur lesquels dansent des centaines de figurants, trompe-l’oeil et utilisation de miroirs pour circonvenir les lois de la géométrie et de l’espace.

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Chorégraphie Busby Berkeley (1895-1976)

Ecrit par Yeliz Bedir [Equipe Bedir]

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